Sweet Dreams

« Bonsoir je ne vous avais jamais vu par ici »
La musique était assourdissante et Liandraë comprenait à peine ce que cet humain lui racontait. Une fois n’est pas coutume elle était sortie se mêler à ses sujets lors d’une ordinaire soirée donnée dans la boîte de nuit qu’elle tenait. Elle avait enfilée pour l’occasion une robe rouge fendue jusqu’à mi-cuisse avec un dos nu révélant la cambrure de ses reins. Pour ce qui était des décolletés, elle ne supportait pas ça et avait opté pour que la robe remonte en col roulé.
« Je te paye un verre ? »
Il ne doutait de rien lui. Il avait du cran au moins on ne pouvait pas lui retirer et puis cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas côtoyé un humain. Il lui toucha le bras, sa peau légèrement dorée vira au violet sous l’effet de l’agression. Qu’on tente de la séduire certes mais c’est elle qui marquait les pas de la danse.
(Sweet dreams are made of this…)
Elle opina de la tête. Il revint quelques couplets plus tard avec deux verres remplis de whisky. Celui qu’il lui tendait frémissait légèrement de l’effervescence du buvard qui finissait de se dissoudre dans la boisson alcoolisée. Liandraë adorait quand un humain la prenait pour une proie, surtout ce genre de connard. Cela lui ôtait tout scrupule quand le moment venait. Le goût du LSD mélangé à l’alcool de malt était délicieux, un parfait petit amuse gueule pour la Tuatha.
Cela faisait des siècles qu’elle arpentait les rues des villes construites par l’humanité et elle n’aurait su dire si une époque pouvait rivaliser avec celle ci en terme de potentiel. Qu’il soit bénéfique ou désastreux il était énorme. Jamais l’humanité n’avait été plongée dans de tels bouillonnements d’émotions, jamais elle n’avait pourtant aussi peu conscience de vers où diriger ses émotions. Avant c’était simple, la religion faisait le travail mais aujourd’hui…
(Another bites the dust)
Aujourd’hui il fallait faire plus que d’attendre sagement l’Essence, il fallait aller la chercher à la source, dans le cœur des humains. Elle avisa un groupe de pucks, un satire deux sylphes et une sorte d’amas de lichen et de mousses, qui dansaient sans faire attention à personne autour d’eux. Ils l’avaient repérée et prenaient un malin plaisir à pousser les danseurs autour d’eux.
(This is the eye of the tiger you can pull up the fight)
La cohue était organisée et la présence de la Tuatha dans les environs suffisait à transformer l’énervement des humains en Essence d’un rouge flambant. Affairé à discuter avec une jeune fille arborant un ensemble mini, mini short, mini t-shirt laissant le ventre apparent. Le satyre se délecter de lui raconter les plus folles histoires sorties de son cerveau débridé, sûrement qu’il finirait la nuit avec elle et qu’elle s’en souviendra toute sa vie.
(There was something in the air that night
The stars were bright, Fernando).
Ça y est, ça fait près de 8 minutes qu’elle l’écoutait parler alors il avait décidé qu’il avait le droit de lui faire danser un slow… Pas grave, ce n’est qu’un humain après tout et tout ce qu’il faisait serait payé de retour quand elle… Rah mais il était roide ! Liandraë écarta son bassin elle aimait à sélectionner les humains avec qui elle couchait et lui n’était en rien acceptable en terme de sexe. La danse terminée elle lui susurra :
« Et si on allait dans un endroit plus tranquille ? L) dans la back-room… ».
Elle révéla ses dents en pointe que le Voile fit apparaître sous la forme d’un sourire blanc et avenant.
« Mais beauté… Je suis pas sûr qu’on nous laisse rentrer… »
« Moi si, j’en suis sûre ». Dit elle en faisant apparaître une fossette.
Elle l’entraîna à sa suite. Le portier, une sorte de colosse dont le poing ressemblait plus à un rocher qu’à une main lui fit un clin d’œil, de celui qu’il avait sur le front.
Ils entrèrent dans le saint-du-saint du domaine Fae qu’était cette boîte de nuit. Elle l’entraîna dans une alcôve et lui dit de l’attendre. Il lui prit le bras :
« Dis t’es pas une professionnelle au moins ? Parce que j’ai pas de quoi te payer moi… »
Elle dévoila ses dents qui apparurent à l’humain qui fit un brusque mouvement de recul.
« Oh si tu as de quoi me payer, plus que tu ne le penses »
De minuscules araignées descendirent du plafond et se massèrent autour de la silhouette de Liandraë. Elle en fut bientôt recouverte, chacune amenant à sa bouche une légère boule d’Essence violacée, empreinte de Peur pure…
« Par contre je n’aime pas vraiment tes méthodes sur mon domaine petit humain. Qui crois tu tromper en mettant de la drogue dans les verres que je sers à ma cour ? »
Le dernier effroi du prédateur avait un goût d’extase….

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